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Le « Triangle de Corail » s’étire le long de l’Equateur, des Philippines aux îles Salomon. Cet ensemble d’îles est un haut lieu de la biodiversité et une zone prioritaire pour la préservation des écosystèmes marins.
L’Indonésie avec ses 17 500 îles est au cœur de ce patrimoine mondial de la vie. Sur son littoral, la pression humaine ne cesse de s’accroître, c’est le 4ème pays le plus peuplé au monde.
Pêche intensive ou destructive, érosion des sols, destruction des mangroves, tourisme de masse, pollution, réchauffement et acidification des océans : la liste des atteintes sur ces écosystèmes fragiles ne cesse de s’accroître. Les populations vivant sur ces littoraux sont les premières à en subir les conséquences or 120 millions d’Indonésien dépendent du littoral et de ses ressources.
Dans ce contexte, les solutions de protection sont multiples. Elles doivent d’abord venir des populations côtières, entre autre des pêcheurs, dont l’avenir dépend beaucoup de ce patrimoine naturel. La prise de conscience de la fragilité de ces richesses écologiques est un point clé du processus de sauvegarde. La gestion de ces espaces doit donc se faire grâce à une approche locale mais peut être renforcée par une politique globale.
En 2007, le président indonésien Yudhoyono lance l’Initiative pour le Triangle de Corail (CTI). Il fédère les six pays de cette zone pour protéger ensemble les écosystèmes marins en danger. Leur plan d’action sera officiellement adopté lors de la Conférence Mondiale des Océans (WOC) en mai 2009 à Manado (Indonésie).
De nombreux organismes internationaux travaillent déjà sur place depuis plusieurs années à la conservation des habitats et à l’implantation d’Aires Marines Protégées. Ils s’appuient sur des programmes de recherches scientifiques en cours et collaborent avec les populations locales ainsi que les acteurs politiques pour garantir le bon fonctionnement des écosystèmes locaux. Il ne s’agit pas de créer des réserves mais de délimiter un territoire pour organiser une gestion intégrant toutes les composantes qui lui sont rattachées (économique, sociale et environnementale).
Ce travail de conservation implique une importante composante éducative qui doit contribuer à la prise de conscience environnementale des communautés locales mais également de tous les protagonistes économiques ou politiques. Cette sensibilisation est une étape indispensable à la mise en place de ces actions de préservation. C’est ici que s’inscrit le projet Symbiose.
Pour mieux comprendre les enjeux du triangle de corail, cet article de Planète Urgence du 28 août 2008 |

Les scientifiques ont identifié une zone appelée "Triangle de Corail" dans l’Indopacifique – ses limites sont définies par zones marines contenant 500 espèces ou plus de coraux constructeurs de récifs. Ce triangle couvre tout ou partie de ces six pays : l’Indonésie, la Malaisie, la Papouasie Nouvelle Guinée, les Philippines, les Iles Salomon et l’Est Timor. Certains pays voisins comme l’Australie ou les Iles Fidji ont aussi une grande biodiversité corallienne, mais toutefois moins importante selon les connaissances actuelles.
Le Triangle de Corail est l’épicentre mondial de la biodiversité marine. La richesse des coraux, des poissons et des autres espèces est tellement importante dans cette région qu’elle est nommée l’ « Amazonie des Mers ».
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- 75% des espèces de coraux connus des scientifiques
- Plus de 3 000 espèces de poissons coralliens et de pélagiques
- Six espèces de tortues marines parmi les sept connues dans le monde
- Des migrations de requins baleines et raies mantas attirés par l’abondance planctonique de la région
- De nombreuses variétés de mammifères marins dont 22 espèces de dauphins, des dugongs, des baleines dont 3 espèces de cachalots
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Bien que le Triangle de Corail soit le centre de la biodiversité mondiale, il héberge aussi une des densités humaines les plus fortes au monde. Ces ressources permettent à plus de 120 millions de personnes d’y vivre et profite encore à plusieurs millions d’autres dans le reste du monde.
Les principaux bénéfices pour l’homme sont :
- Un mode de vie durable, des revenus et une sécurité alimentaire – en particulier pour les communautés côtières. La valeur annuelle des récifs, mangroves et autres habitats associés est estimées à plus de 1.5 milliard d’Euros.
- Un lieu de reproduction et de croissance du thon qui fait vivre l’industrie mondiale du thon et approvisionne les consommateurs à travers le monde
- Un environnement marin sain qui contribue au développement d’une industrie du tourisme évalué à plus de 6 milliards d’Euros chaque année
- Des barrières de corail et des mangroves en bonne santé qui protègent les populations côtières de l’impact des cyclones et des tsunamis, réduisant ainsi les dégâts immédiats et le coût de la reconstruction des côtes
Dans beaucoup de régions insulaires, les ressources de la mer sont les fondations de la culture traditionnelle et soutiennent ainsi le tissu social.
Source : WWF "Coral Triangle" Initiative leaflet |

Les aires marines protégées sont des zones soigneusement sélectionnées où le développement humain et l’exploitation des ressources naturelles sont régulés pour protéger les espèces vivantes et leurs habitats.
Les AMP ont pour objectifs de :
- maintenir les processus écologiques essentiels et les systèmes qui sont à la base de la vie
- garantir l’exploitation durable des espèces et des écosystèmes
- préserver la diversité biologique
Depuis quelques années, les projets d'AMP ne reposent plus sur de petites zones "sanctuarisées" que l'on mettrait "sous cloche" pour nos générations futures. En effet, l'environnement marin diffère des milieux terrestres par la grande mobilité de sa faune et flore. Le phyto et zoo plancton, les poissons et mammifères circulent sur des zones très larges.
Une approche plus globale et plus "intégrée" est maintenant préconisée.
On commence par délimiter de vastes zones regroupant de nombreux habitats écologiquement importants qui cohabitent avec des activités humaines multiples. Sur ce territoire défini, on se donne les moyens de faire respecter les règlementations nationales et l'on délimite des zones pour chaque activité humaine. Les pêcheurs traditionnels peuvent toujours vivre des ressources de la mer, mais les pêcheries industrielles, par exemple, y sont bannies.
L'illustration de cette approche, ici en France, est le nouveau Parc Marin d'Iroise. C'est une zone de gestion qui intègre tous les acteurs de cet espace maritime riche et fragile (pêche, plaisance, industrie, tourisme).
Ce qui est fondamental pour les communautés locales, c'est qu'elles comprennent les enjeux du processus de conservation et qu'elles s'impliquent dans les prises de décisions. Le projet Symbiose contribuera grâce à l'outil video, à cette plus grande communication entre tous les acteurs du littoral.
Pour comprendre l'intérêt des AMP, ce dossier du WWF en anglais |
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